Les souvenirs de Jean sur Sernhac


   17 déc

Les souvenirs de Jean sur Sernhac

Les petit récits racontés par nos anciens font partie de notre patrimoine immatériel. Nos grands-parents ont souvent vécu des moments difficiles de l’histoire de France et par la même occasion, les petites histoires qui ont marqué la vie de nos villages. J’ai récemment eu un entretien avec Jean Rouquette, pour qu’il me raconte ses souvenirs d’ enfance dans la petite commune rurale de Sernhac.

Jean Rouquette fait partie d’une vieille famille du village, et a passé toute son enfance à Sernhac.  Ses souvenirs remontent à la seconde guerre mondiale, ou il était âgé une dizaine d’années. Il a vécu la période de l’occupation allemande, mais surtout la débâcle de la wermarcht.

Le débarquement en Provence qui marqua le début des combats dans la région, obligea les habitants à se cacher dans des abris sûr, et de nombreux Sernhacois s’abritèrent dans l’aqueduc romain qui passait sous le village, et les baumes pendant tous le temps des bombardements. Les aqueducs étaient un abri plutôt temporaire, tandis que les baumes, plus éloignées du village servaient de refuge pour de plus longues périodes.

La guerre se faisait essentiellement dans les airs, et les raids aériens étaient destinés à détruire les forces allemandes. Le village a essuyé des tirs dont certaines maisons portent encore les impacts, notamment une maison sur le grand chemin qui reçut une balle perdue sur sa façade.

La voie ferrée en bas du village (aujourd’hui désaffectée) fut aussi l’objet d’un bombardement destiné à affaiblir l’armée allemande, et un convoi de pièces détachées pour la construction de baraquement fut détruit. Les habitants du village purent récupérer un peu de matériel, mais essentiellement un stock de clous qui servit à la construction de nombreuses cabanes sur la commune…

Le mitraillage laissa des cratères de l’ancienne gare, jusqu’au chemin de Blancard et laissa  des cultures de courges remplit d’éclats d’obus, les rendant invendables. Le mazet de la Barcelone qui se trouvait près de la route, fut lui aussi mitraillé, mais ne fut pas détruit.

L’armée allemande, pour protéger sa retraite, avait fait creusé des trous de combat le long de la route de Beaucaire pour harceler les armées alliées et ralentir leur progression. Malgré ce dispositif, la wermarcht fut violemment attaquée sur la route d’Avignon vers le village d’Estézargues.

Après la guerre, Jean se souvient des escapades en garrigue avec le curé et les autres enfants du village. Les souvenirs de Jean m’ont permis de compléter les connaissances que j’avais déjà sur le village.

En effet, au début du XXème siècle, Félix Mazauric entreprit des fouilles archéologiques autour de Sernhac et découvrit une petite enceinte d’environ 50 mètres sur 20 mètres sur la colline Saint-Jean. Il mis au jour également des fonds de cabanes néolithiques et trouva divers objets, dont des fragments de bracelets en bronze décoré de chevrons en dents de loup.

Il mis en évidence que les collines à l’est de Sernhac furent toutes fréquentées de la préhistoire à la protohistoire, et plus particulièrement la colline Saint-Jean situé en face du village. Le choix était judicieux puisque une petite falaise protégeait le camp à l’est, tout en étant abrité du vent dominant.

Cette colline fut même l’objet d’une procession religieuse, jusqu’à la croix qui se situait prés de la falaise. La carte établie par Félix Mazauric indique cette croix à coté de l’enceinte néolithique.

Aujourd’hui, les broussailles ont envahi la colline et il ne reste rien de ce petit monument dont la destruction à dû être définitive avant 1940.

Jean Rouquette se souvient de ce coin de garrigue qui autrefois était aussi appelé le pin du « Tatcher » en référence à l’énorme pin parasol dont la silhouette était visible depuis le village. Il y a quelques années un fort mistral a eu raison de cet arbre énorme qui est resté couché sur le petit sentier qui longe la crête.

La garrigue au dessus des tunnels d’Escaunes et Cantarelle était plantée essentiellement d’oliviers, et de nombreux chemins permettaient l’accès aux banquettes. Le travail se faisait à l’aide de charrues tirées par des chevaux, se remémore Jean avec une certaine nostalgie. Les conditions difficiles, et les incendies ont définitivement rendu à l’état sauvage ces banquettes.

Il existe quelques petits sentiers qui permettent de flâner à travers ces banquettes, alors n’hésitez pas à les emprunter !

Jean a aussi connu le centre ancien ( aujourd’hui démoli), avec ce qu’on appelait « le petit fort ». Cette vieille demeure seigneuriale, faisait partie d’un quartier dont les ruelles et les habitations étaient devenues insalubres. Il reste de nos jours de nombreux vestiges médiévaux dans le village, telle cette magnifique poterne dans les anciens remparts.

 

 

Flux RSS 2.0 des commentaires. Les commentaires sont fermés.

Les commentaires sont fermés.